Le rapport sur les incidents racistes recensés en 2025 par les centres de conseil est publié

Durant l’année 2025, le Réseau de conseil pour les victimes de racisme a recensé et analysé un total de 1’245 cas de discrimination raciale liés à l’origine, à la nationalité, à la couleur de peau ou à la religion. Par rapport à 2024, cela représente une augmentation d’environ 3%. Contrairement à l’année précédente, le racisme anti-Noirs (33%) occupe désormais la première place, suivi par la xénophobie (30 %). Le racisme anti-musulmans (23%), le racisme anti-Asiatiques (8%) ainsi que l’antisémitisme (5%) demeurent également à des niveaux préoccupants. Le rapport annuel met en évidence que la majorité des situations de discrimination raciale surviennent dans les domaines de la formation, du travail, de l’espace public ainsi que dans le voisinage.

 

Pour la première fois depuis l’ouverture, le 1er janvier 2025, de sa Permanence Info-Conseil Racisme pour les régions du Nord vaudois et de la Broye, le CSP Vaud a pu intégrer au rapport annuel les situations des personnes discriminées ayant sollicité notre accompagnement. Près d’un quart des personnes reçues dans le cadre de cette permanence ont déclaré avoir subi des discriminations sur leur lieu de travail. Le CSP Vaud constate que les employeurs restent encore insuffisamment sensibilisés, tant dans la compréhension et reconnaissance de cette discrimination raciale que dans la prise en compte de leurs conséquences sur les personnes concernées. Cette minimisation contribue à renforcer le racisme structurel et pousse certaines personnes à se mettre en arrêt maladie, voire à quitter leur emploi. Nous avons documenté ce constat dans notre journal Les Nouvelles publié en mars 2026.

 

Face à ce constat, le CSP Vaud appelle les autorités compétentes à renforcer de manière urgente et concrète la lutte contre les discriminations raciales. Cela implique d’allouer les moyens nécessaires pour garantir un accompagnement adéquat des personnes discriminées, de développer la sensibilisation dès l’école et tout au long des parcours de formation, y compris dans la formation des adultes. Par ailleurs, comme le rappelle depuis plusieurs années la Commission fédérale contre le racisme, il est indispensable de renforcer l’arsenal juridique actuellement insuffisant. Aujourd’hui encore, les victimes de propos ou d’actes racistes disposent de trop peu de recours effectifs pour faire valoir leurs droits et obtenir réparation.

 

Le CSP Vaud réaffirme que la lutte contre le racisme ne peut reposer uniquement sur les personnes concernées : elle constitue une responsabilité collective et institutionnelle qui exige des engagements politiques clairs, durables et ambitieux.