Conférence_60e du CSP Vaud _la participation des publics

Une journée anniversaire tournée vers l’avenir!

Comment faire participer les usagers et les usagères des prestations sociales à l’amélioration des dispositifs ? Telle était le sujet de la conférence qui inaugurait la journée officielle des 60 ans du CSP Vaud.

Quelques 150 personnes ont participé  avec grand intérêt à cette journée anniversaire le jeudi 7 octobre au Casino de Montbenon. La partie officielle qui suivait la conférence a notamment marqué le partenariat soutenu avec les autorités, avec des prises de paroles de trois Conseillères d’Etat et du Syndic de Lausanne. La journée prenant ensuite un tour plus festif, rassemblant un public varié, composé d’acteurs du monde social, de donatrices et donateurs, des collaboratrices et collaborateurs, et d’amatrices et amateurs de musique en fin de soirée.

En effet, notre institution a saisi l’occasion de son jubilé pour confronter le réseau social vaudois public et privé à la question de la participation des publics concernés à la définition des politiques sociales, un enjeu qui répond aux aspirations des nouvelles générations pour une société plus inclusive et démocratique.

La participation des publics du travail social ?

Quels sont les enjeux, les risques mais aussi les opportunités quand on veut initier une démarche de travail collective avec les personnes concernées par une aide sociale ? Ce sont à ces questions que les professeures Caroline Reynaud et Sophie Guerry de la Haute école de travail social Fribourg, précurseuses en la matière, ont répondu devant un public passionné de plus de cent personnes.

« Le mot participation est polysémique. Pour notre part, nous avons choisi cette définition : celle-ci est effective quand des personnes concernées s’impliquent ou sont impliquées de manière collective dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques qui les concernent” commencent-elles. « Or, il faut veiller à mettre en place les conditions nécessaires afin d’éviter les risques de manipulations et d’instrumentalisation des personnes. Cela demande des moyens très importants en temps et en argent, ce qui est malheureusement très souvent sous-évalué », continuent-elles.

Trois ateliers exposaient ensuite des projets participatifs récents touchant au domaine de la pauvreté (avec un axe intervention, formation, recherche) qui ont permis aux participantes et aux participants de bénéficier des apports de personnes concernées dans différents projets.

Une partie officielle, signe du bon partenariat avec les autorités

L’importante présence des autorités à la partie officielle a témoigné de la reconnaissance dont jouit le CSP Vaud dans le canton. Le professionnalisme, les compétences pointues mises au service de la population vaudoise, la capacité d’anticipation et d’innovation du CSP ont été mis en avant.

Le travail du CSP avec les lieux de formation a d’abord a été souligné par l’intervention de Alessandro Pelizzari, directeur de la Haute école de travail social et de la santé de Lausanne, avec qui la collaboration s’intensifie actuellement par de nouveaux projets de recherche en commun.

Amina Benkais-Benbrahim, Déléguée à l’intégration et cheffe du Bureau cantonal pour l’intégration des étrangers et la prévention du racisme (BCI) souligne la très bonne collaboration entre ses services et le CSP Vaud: « Le Centre social protestant est sur le terrain depuis bien plus longtemps que le BCI ! Et il continue de le faire avec les Permanences Info-Conseil Migration que nous avons mises en place ensemble. Ce travail sur le lien qu’il a toujours réalisé, je souhaite que nous continuons à le cultiver dans notre jardin commun. »

Grégoire Junod, syndic de la Ville de Lausanne, en charge de la Culture et du Développement urbain, a rappelé combien les autorités ont besoin d’associations militantes pour interpeller et pousser les politiques publiques à évoluer.

Pour Cesla Amarelle, conseillère d’Etat vaudoise, Cheffe du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture, «  … le CSP a toujours su anticiper les besoins futurs, par exemple sur les questions d’insertion socio-professionnelles des jeunes » ; terminant en exprimant sa profonde gratitude pour « le rôle de sentinelle morale, déterminée et éthique » que le CSP continue de jouer.

Faisant un lien avec la construction du mur de Berlin l’année de la création du CSP, Rebecca Ruiz, conseillère d’Etat vaudoise, Cheffe du Département de la santé et de l’action sociale, a salué une institution qui s’est « toujours investie pour abattre les murs qui empêchent les personnes en difficulté d’accéder à leurs droits. »

« Trois membres d’un gouvernement à l’anniversaire d’une institution, c’est inhabituel », a commencé par sa part Nuria Gorrite, présidente du Conseil d’Etat vaudois et Cheffe du Département des infrastructures et des ressources humaines. « Je veux vous dire ma joie d’être présente pour célébrer cet indispensable auxiliaire de la politique sociale vaudoise. Quand les fronts se tendent, que la haine raciale resurgit, il est bon de savoir que le CSP est là, simplement humain, qu’il est possible d’opposer l’amour à la haine, l’inclusion à l’exclusion… »

La fête a ensuite pris un tour plus divertissant, avec un repas préparé par AlterstartFood, une organisation de soutien à l’intégration de personnes migrantes, par l’entrepreneuriat, un spectacle déjanté de La Comédie Musicale Improvisée. Puis, le groupe Funk Therapy et la star montante Nnavy, très applaudi·e·s ont entrainé les participant·e·s dans la danse, prolongée ensuite par les musiques de DJ Moreno.

Une journée saluée par les personnes interrogées, passionnées par la conférence, et très heureuses de pouvoir échanger en présentiel dans une ambiance joyeuse et festive.