Anne Davoli : plus de vingt ans au CSP à créer du lien

Après plus de 23 ans au CSP Genève, dont 17 au Service Bel âge, Anne Davoli s’apprête à prendre une retraite bien méritée. Des activités imaginées pour répondre aux besoins de chacun·e aux Belles Tablées devenues un rendez-vous incontournable, elle aura profondément marqué le service. Mais ce qu’elle laisse derrière elle se mesure peut-être surtout aux liens créés entre les membres. Rencontre à quelques jours de son départ.

« Je crois que je ne réalise pas vraiment. » À son dernier jour au CSP Genève, Anne Davoli se dit pourtant sereine. « J’ai vraiment l’impression d’avoir accompli pleinement ma tâche et qu’il est temps maintenant de passer la main. »

Anne est arrivée au CSP en mai 2003, d’abord à l’administration, puis comme secrétaire au secteur social. En 2009, elle rejoint Bel âge, avant d’en prendre quelques années plus tard la responsabilité.

S’adapter pour que chacun·e puisse trouver sa place

Anne a accompagné l’évolution de Bel âge et surtout celle de ses membres. Car derrière l’appellation « seniors » se cachent des réalités très différentes : le service accueille des personnes dès 55 ans et certaines poursuivent leurs activités bien au-delà de 90 ans. Aujourd’hui encore, Bel âge propose un large éventail d’activités, des promenades aux visites culturelles, en passant par les ateliers, les séjours, les repas ou les visites à domicile.

Pour Anne, cette diversité impose une règle essentielle : être constamment à l’écoute. Une balade est ainsi bien plus qu’une balade. En marchant aux côtés des membres, elle écoute leurs envies, leurs difficultés, leurs suggestions. Elle observe aussi les absences. Lorsqu’une personne habituée d’une activité ne vient soudainement plus, Anne prend de ses nouvelles. Cette attention portée à chacun·e s’accompagne d’une veille permanente pour faire évoluer le programme.

« Le lien, ciment essentiel des relations entre les membres Bel âge »

Mais lorsqu’on lui demande ce que les membres viennent réellement chercher à Bel âge, sa réponse est immédiate : « En fin de compte, c’est se retrouver. J’ai vraiment l’impression que l’activité est un prétexte ». Certains de ces liens traversent d’ailleurs les décennies : une vingtaine de personnes sont membres de Bel âge depuis 25 à 30 ans.

Les Belles Tablées, bien plus qu’un repas

S’il est une réalisation qu’Anne aimerait particulièrement voir perdurer, ce sont les Belles Tablées, ces repas mensuels qui réunissent régulièrement une quarantaine de personnes. L’idée part d’un constat très simple : avec l’âge et la solitude, certaines personnes finissent par prendre leurs repas seules, parfois sans même s’asseoir. Or, manger ensemble change tout. « Il y a souvent quelqu’un qui me dit : “Oh là là, moi, je ne mange jamais tout ça !” Et ensuite je lui dis: “Vous avez vu ce que vous avez mangé ?” Et la personne me répond : “Oui, mais je suis en bonne compagnie !” » Et même les personnes à mobilité réduite peuvent se rendre aux repas, grâce à des chauffeurs bénévoles qui vont les chercher à domicile.

Les Belles Tablées ont dépassé leur vocation première, puisque ses membres se retrouvent désormais en dehors des repas de Bel âge. Parce qu’attendre un mois avant de se revoir leur paraît trop long. Pour Anne, c’est la plus belle des réussites.

« Vous avez su mettre l’humain dans vos activités »

Au fil de toutes ces années, Anne est elle-même devenue un repère pour beaucoup de membres. Leur relation de confiance tient à une manière très personnelle d’exercer son métier : être présente. Une présence qui participe au sentiment d’appartenance : on ne vient pas seulement participer à une activité, on vient à Bel âge, on vient au CSP.

C’est peut-être là que se trouve l’essentiel de ce qu’Anne aura apporté au service. À Bel âge, explique-t-elle, il ne s’agit pas de « consommer des activités », comme on cocherait des propositions dans un catalogue. Les membres viennent aussi chercher autre chose : de l’attention, de la bienveillance, de la tolérance, une écoute et, lorsque c’est nécessaire, une orientation vers les autres services du CSP.

Passer la main… sans être très loin

L’heure est désormais venue de transmettre cette mission à Kélaia Schach, qui reprend le flambeau. Mais la séparation ne sera peut-être pas définitive. Anne imagine déjà revenir un jour à Bel âge sous une autre casquette : comme bénévole, pourquoi pas, voire comme membre pour certaines activités. Une façon finalement très naturelle de refermer la boucle : après avoir consacré tant d’années à faire de Bel âge un lieu où l’on vient avant tout pour se retrouver, Anne pourrait bien, elle aussi, continuer à y retrouver celles et ceux avec qui elle a partagé une si longue histoire.

Un immense merci à Anne pour son engagement, sa disponibilité et toute l’humanité insufflée à Bel âge durant ces années. Nous lui souhaitons une très belle retraite, riche en découvertes, en rencontres et, cette fois, en temps pour elle !